Quelques renseignements concernant l’évolution du parler québécois, ainsi que sur la conscience linguistique des Québécois. Mardi, mar 10 2009 

Tout d’abord, précisons le terme « conscience linguistique ». Ce dernier désigne le sentiment qu’un locuteur a de sa langue. Il peut en être fiert, comme il peut croire qu’il parle mal et qu’il doit se corriger.

Divisons la progression linguistique québécoise en trois grandes périodes, soit: le Régime Français, le Régime Anglais et, la troisième, toutes la période allant de la Révolution Tranquille jusqu’à aujourd’hui.

Durant le Régime Français, la variété de langue canadienne-française commence à prendre forme. Les colons doivent nommer certaines réalités qui n’existent pas en Europe, alors soit ils inventent des nouveaux mots, soit ils empruntent aux langues amérindiennes ou soit ils prennent un mot préexistant dans la langue de Molière pour lui donner un nouvel usage. Cela donnera des mots tels: atoca, babiche, poudrerie, cèdre, raquetteur, achigan, etc.

Selon les écrits de l’époque, les Canadiens-français avaient la même prononciation que les gens de la France. Leur accent passait pour aussi bon que celui de Paris. Il n’y avait donc pas de préoccupation relatives à la conscience linguistique, ni de préoccupations relatives à une normalisation de la langue (tenter de corriger les mauvais plis en considérant une manière de parler comme étant meilleure).

Durant le Régime Anglais (autour de 1760 à 1960), il se développera chez les Canadiens-français une prise de conscience que leur parler est devenu différent de celui parler à Paris. On remarque une anglicisation du lexique, ainsi qu’une prononciation qui est connotée négativement. Nait donc un sentiment de culpabilité (conscience linguistique) que certains tenteront de corriger en publiant des dépliants qui auront pour but de corriger les mauvais plis linguistiques des Canadiens-français (Arthur Buies, Alphone Lusignan et Louis Fréchette sont de deux qui publièrent divers conseils linguistiques). On essaie alors de parler comme parlent les Français de France, on essaie de promouvoir l’usage des promu dans les dictionnaires français, plutôt que l’usage courant au « Québec ».

Puis, durant la période moderne, que l’on situera de la Révolution Tranquille jusqu’à aujourd’hui, on remarquera un changement concernant la conscience linguistique des Québécois. Ce changement viendra de pair avec le mouvement identitaire des années 60. Naitra une fierté d’être Québécois et aussi une fierté de parler un français propre aux québécois. On cherchera de moins en moins à normaliser la langue avec celle des cousins Français. On considèrera plutôt que l’on peut nous aussi avoir notre propre autonomie linguistique. Ainsi, les dictionnaires des québécismes commenceront à faire leur apparition et ne seront pas vus comme des mauvais plis, mais plutôt comme un parler dont nous sommes fierts. De plus, les québécismes feront leur apparition dans les dictionnaires de France, comme quoi le parler québécois a maintenant une légitimité acquise.
Par contre, le nombre de québécismes dans les dictionnaires français sont encore bien peu nombreux. Reste encore du travail de légitimation pour que notre variété de français soit promue à sa juste valeur.

Nathaël Miousse

 

Ébauche d’un premier article Lundi, fév 23 2009 

Bonjour et bienvenue dans notre blogue !
Étant donné que nous sommes deux étudiants en enseignement du français et deux étudiants en enseignement de l’histoire (une en géographie et l’autre en éthique et culture religieuse), nous avons décidé de traiter de la langue française et son histoire, particulièrement au Québec. C’est un sujet qui nous semble pertinent étant donné qu’il rejoint un peu tous les membres de l’équipe, mais aussi parce qu’il est pertinent pour l’enseignement au secondaire. Il nous semble important que les jeunes sachent d’où leur langue provient et comment elle évolue dans le temps.